- Publié le Sam 31 Janvier 2026
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Face à la variabilité climatique qui fragilise la production agricole, le gouvernement ivoirien prépare la mise en place d’un dispositif national de prévisions agro-climatiques. Une initiative stratégique annoncée à Abidjan lors d’un atelier de validation organisé par la SODEXAM.
Le gouvernement ivoirien renforce sa riposte contre les
effets du dérèglement climatique sur le secteur agricole. Jeudi 29 janvier 2026
à Abidjan, le directeur général du développement rural, Rodrigue Koffi
N’Guessan, a annoncé les travaux en cours pour la création d’un dispositif
national de prévisions agro-climatiques, destiné à améliorer la planification
et la résilience des activités agricoles.
Il s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de validation
organisé par la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire,
aéronautique et météorologique (SODEXAM), en collaboration avec ses partenaires
techniques. La rencontre visait à valider une analyse diagnostique sur
l’utilisation des données climatiques par les producteurs agricoles.
Selon Rodrigue Koffi N’Guessan, la mise en place de ce
dispositif constitue une urgence.
« Ce dispositif est un impératif pour améliorer les
calendriers culturaux qui ont montré leurs limites face à la variabilité
climatique », a-t-il déclaré.
Traditionnellement fondés sur des cycles saisonniers
relativement stables, les calendriers agricoles actuels ne correspondent plus
aux réalités climatiques observées sur le terrain. Les retards et irrégularités
des pluies, conjugués à la hausse des températures, perturbent les périodes de
semis, réduisent les rendements et exposent les producteurs à des pertes
répétées.
Le directeur général du développement rural a également
attiré l’attention sur la situation préoccupante des régions de l’intérieur du
pays, de plus en plus confrontées à une raréfaction critique des pluies.
Cette sécheresse prolongée affecte non seulement les
cultures, mais aussi les conditions de vie des populations rurales.
« Elle rend les conditions de travail et de vie extrêmement
difficiles, surtout dans les villages, accentuant la vulnérabilité des
communautés rurales », a-t-il déploré.
Dans un pays où l’agriculture demeure un pilier de
l’économie nationale, ces difficultés climatiques constituent un enjeu
économique et social majeur.
Les chiffres confirment l’ampleur du phénomène. D’après un
document de la Direction de la lutte contre les changements climatiques, la
hausse des températures et les modifications du régime des pluies ont déjà
affecté près d’un quart du Produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire et plus
de la moitié des emplois, largement concentrés dans le secteur agricole.
Le futur dispositif de prévisions agro-climatiques
ambitionne ainsi de fournir aux producteurs des informations climatiques
fiables, accessibles et adaptées, afin d’anticiper les risques, d’optimiser les
décisions agricoles et de renforcer la sécurité alimentaire.
À terme, cette initiative pourrait marquer une étape
décisive vers une agriculture ivoirienne plus résiliente face aux changements
climatiques, conciliant performance économique et protection des communautés
rurales.
BINGO WILLIAMS