Le Directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Yves Brahima, a dressé le bilan d’une décennie de réformes. « Depuis 2011-2012, la filière s’est structurée autour d’un prix minimum garanti bord champ d’au moins 60 % du prix CAF », a-t-il rappelé, saluant l’impulsion du président Alassane Ouattara. Mais le temps fort de son allocution a été l’entrée en vigueur, dès ce 1er septembre, du Système National de Traçabilité (SNT), adossé à la carte du producteur. Un outil destiné à mieux suivre chaque sac de fèves du champ à l’usine.
Côté transformation, les chiffres affichent une montée en puissance : une capacité installée de 1 155 000 tonnes, qui devrait atteindre 1 344 000 tonnes en 2026-2027, grâce à la mise en service de nouvelles unités. Derrière ces chiffres, un objectif clair : capter davantage de valeur sur place, créer des emplois et répondre aux exigences croissantes des marchés en matière de durabilité.
Ensuite, le ministre Bruno Nabagné Koné a détaillé le mécanisme de fixation des prix, dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux. « La majeure partie de la production étant vendue par anticipation via des ventes approuvées par le Conseil du Café-Cacao, ce dispositif sécurise, autant que possible, les débouchés et protège les producteurs des fluctuations du marché mondial », a-t-il expliqué.
Résultat : un prix minimum garanti bord champ fixé à 1 200 FCFA/kg pour le cacao bien fermenté, bien séché et bien trié, et à 1 300 FCFA/kg pour le café bien séché et bien trié. Une décision motivée par l’effondrement des cours, passés de plus de 13 000 à moins de 3 000 dollars la tonne en quelques mois, selon les chiffres avancés par le ministre.
Pour les producteurs présents, ce prix est une grande déception. « On s’attendait à un prix supérieur à 1 200. Je comprends maintenant que le planteur ivoirien est négligé », confie un planteur de la région du Gôh-Djiboua.
Au-delà des prix, le ministre a énuméré les défis majeurs de la filière : le changement climatique, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer, l’orpaillement illégal, la faible mécanisation, l’accès limité au financement, les exigences croissantes des marchés en matière de durabilité et la désaffection des jeunes pour le métier agricole.
« La Côte d’Ivoire ne peut pas continuer à dépendre d’une cacaoculture vieillissante et peu mécanisée », a-t-il martelé, appelant la jeunesse ivoirienne à investir la cacaoculture de demain. Mécanisation, innovation, recherche, transformation et commercialisation : autant de maillons où l’État promet un appui en formation, en financements et en accès aux technologies.
Dans les allées du Parc des Expositions, les stands du CCC, des coopératives et des chocolatiers locaux attirent déjà les curieux. Dégustations, panels techniques, animations et activités promotionnelles rythmeront les prochains jours des JNCC 2026.
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