- Publié le Ven 06 Mars 2026
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La situation devient préoccupante pour les sociétés coopératives engagées dans la filière cacao en Côte d’Ivoire. Confrontée à des stocks importants de fèves invendues et à un écart de prix défavorable, la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD) alerte sur un risque de pertes estimées à plus de 30 milliards de FCFA et appelle à des mesures rapides pour éviter une aggravation de la crise.
Dans une analyse de la campagne 2025-2026, l’organisation explique que l’annonce de la campagne intermédiaire intervient alors que la campagne principale a été fortement perturbée. La commercialisation intérieure du cacao a notamment été bloquée durant plusieurs semaines, provoquant l’accumulation de volumes importants dans les entrepôts des sociétés coopératives.
Cette situation a placé de nombreux producteurs dans l’impossibilité d’écouler leur récolte, tandis que les coopératives se retrouvent aujourd’hui avec des stocks acquis à un prix élevé. Selon la PICD, si ces fèves de cacao achetées à 2 800 FCFA le kilogramme devaient être revendues au prix usine actuel de 1 300 FCFA, les organisations coopératives membres pourraient enregistrer des pertes nettes dépassant 30 milliards de FCFA.
L’organisation souligne également que cette estimation ne tient pas compte des charges supplémentaires liées au stockage, à la manutention et à la conservation des fèves, nécessaires pour maintenir leur qualité pendant cette période d’attente.
Initialement, la campagne principale 2025-2026 devait se dérouler du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026. Si des ajustements du calendrier peuvent s’expliquer par l’évolution du marché international du cacao, la PICD estime toutefois que les conséquences financières de ces changements ne devraient pas être supportées uniquement par les producteurs et les sociétés coopératives.
Face à cette situation jugée préoccupante, la plateforme appelle les autorités ivoiriennes à ouvrir sans délai un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs de la filière. Elle plaide également pour la mise en place d’un plan de sauvetage du mouvement coopératif, considéré comme un pilier essentiel de l’organisation et de la stabilité de la filière cacao en Côte d’Ivoire.
BINGO WILLIAMS