Durant la visite, le ministre a rappelé que les investissements publics et partenariaux réalisés depuis plusieurs décennies ont considérablement modernisé les infrastructures agricoles, stimulé l’innovation technologique et professionnalisé les acteurs du secteur. « Ces efforts ont accompagné nos ambitions agricoles et soutenu une dynamique de croissance qui fait aujourd’hui de la Côte d’Ivoire une puissance agricole reconnue », a-t-il déclaré, citant les positions du pays comme premier producteur mondial de cacao et de cajou, premier producteur africain et troisième producteur mondial de caoutchouc naturel, ainsi que des rangs importants dans l’huile de palme et le coton, malgré une baisse de production observée ces dernières années.
Face aux défis du changement climatique et aux tensions des marchés internationaux, Bruno Nabagné Koné a exposé la feuille de route du gouvernement : faire évoluer l’agriculture ivoirienne vers une production plus moderne, compétitive et durable. « Il ne suffit plus d’être bien placé dans les classements de volumes ; nous devons aussi réussir la transformation locale de nos productions », a-t-il insisté. L’objectif affiché est d’accroître la valeur ajoutée locale, de créer des emplois et de renforcer les capacités industrielles du pays.
Pour la filière cotonnière, le ministre a souligné les progrès réalisés : la production nationale dépasse désormais 311 000 tonnes et le taux de première transformation atteint 100%. « L’enjeu est de pousser plus loin l’intégration industrielle afin de capter une part plus importante des profits tout au long de la chaîne de valeur », a-t-il conclu, en rappelant que cette stratégie s’inscrit dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, qui place l’agro-industrie au cœur de la transformation économique nationale.
Présent sur place, le coordinateur du projet RESCO, Jean-Baptiste Silué, a expliqué l’importance du nouveau matériel livré au laboratoire du Centre de classement du coton de Côte d’Ivoire (3CCI). Le projet, désormais entré dans une phase décisive, a permis l’équipement du laboratoire avec des appareils de dernière génération, dont deux chaînes HVI (High Volume Instrument). Ces instruments, acquis grâce à l’appui technique et financier de l’Agence Française de Développement, rendent possible un classement instrumental et plus précis du coton ivoirien, positionnant le laboratoire parmi les mieux dotés d’Afrique de l’Ouest.
« Grâce à ces équipements fournis avec le soutien de l’AFD, la qualité du coton ivoirien sera mise en avant », a déclaré Jean Baptiste Silué. Il a ajouté que le laboratoire entame un processus d’accréditation et noue des partenariats de haut niveau avec des acteurs internationaux, notamment la bourse du coton de Brême et d’autres institutions en Europe et en Amérique. Ces collaborations visent à garantir la fiabilité des analyses et à renforcer la reconnaissance internationale du coton produit en Côte d’Ivoire.
La visite a ainsi permis de confirmer la volonté des autorités et des partenaires internationaux, notamment l’AFD, de transformer la filière cotonnière en un segment industriel compétitif, capable de générer de l’emploi et de mieux valoriser la production nationale sur les marchés mondiaux.
EDGARD ASSEMIEN