Devant le Vice‑Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiemoko Meyliet Koné, et un parterre de bailleurs de fonds et de partenaires techniques, le ministre a présenté un panorama des performances actuelles, des contraintes structurelles et des perspectives de développement des filières agricoles, de l’élevage, de la pêche, ainsi que des secteurs des eaux, des forêts et de l’environnement.
Performances et potentialités
Selon le ministre, l’agriculture contribue aujourd’hui à hauteur de 17% au Produit intérieur brut et représente près de 50% des recettes d’exportation. La production annuelle nationale est estimée à 37 millions de tonnes, positionnant la Côte d’Ivoire comme l’une des puissances agricoles mondiales. Le ministre a notamment salué les progrès enregistrés dans la transformation locale du cacao, près de la moitié de la production étant désormais valorisée sur le territoire.
Malgré ces avancées, Bruno Koné a souligné des lacunes importantes dans la transformation d’autres filières stratégiques, notamment le café, la noix de cajou et les cultures vivrières. Il a attiré l’attention sur la nécessité d’accélérer l’industrialisation de ces secteurs pour créer de la valeur ajoutée et des emplois. Le manioc et l’attiéké ont été cités comme exemples de produits locaux à forte demande internationale, illustrant un potentiel d’exportation encore insuffisamment exploité.
Sur le plan de l’élevage et de la pêche, le ministre a reconnu des progrès dans l’approvisionnement du marché en volailles, tout en rappelant que la filière bovine et la production laitière requièrent des efforts soutenus pour réduire la dépendance aux importations et bâtir une industrie agroalimentaire nationale compétitive.
Orientations pour « l’agriculture de demain »
Face aux aléas climatiques et aux contraintes structurelles entre autres irrégularité des pluies, faible mécanisation, pertes post‑récolte et difficultés d’accès au financement . Bruno Koné a proposé des orientations claires pour « l’agriculture de demain » : moderniser les outils de production et promouvoir la mécanisation adaptée ; développer la gestion et l’irrigation de l’eau pour sécuriser les rendements face à la variabilité climatique ; faciliter l’accès au financement pour les jeunes agriculteurs et les exploitations familiales ; intensifier la transformation locale des produits agricoles, en particulier pour le café, la noix de cajou et les cultures vivrières ; renforcer les filières animales, avec un accent sur la production laitière et la structuration de la filière bovine.
Objectifs du PND 2026‑2030
Le Plan national de développement 2026‑2030 fixe des objectifs ambitieux pour le secteur : atteindre l’autosuffisance en riz, consolider la souveraineté alimentaire et accroître la valeur ajoutée locale par la transformation des produits agricoles. Le succès de ces objectifs dépendra, selon le ministre, d’une mobilisation coordonnée des ressources publiques, privées et des partenaires internationaux.
Bruno Koné a clôturé son intervention par un appel aux bailleurs et aux partenaires techniques pour un accompagnement renforcé des chantiers prioritaires, afin de transformer le potentiel agricole ivoirien en gains économiques durables et inclusifs.
EDGARD ASSEMIEN