- Publié le Dim 07 Décembre 2025
- >agriculture [53 articles] | 105 Vue(s)
Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Bouaké modernise la production de semences de manioc avec l’appui du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), financé par l’État de Côte d’Ivoire et la Banque mondiale, afin de répondre à une demande croissante et garantir la sécurité alimentaire nationale.
Grâce à
l’introduction de techniques innovantes, comme la culture in vitro, et la mise
en place de nouvelles infrastructures spécialisées (laboratoires, serres,
tunnels), le CNRA transforme la multiplication du manioc pour obtenir des
plantules saines, exemptes de maladies, et prêtes à être mises en terre plus
rapidement qu’avec les méthodes traditionnelles.
Le Dr Diby Konan, responsable du projet SAH (Hydroponie Semi-Autotrophe),
explique que la culture in vitro permet d’assainir les variétés locales dans un
environnement strictement contrôlé. En seulement trois semaines, les plantules
développent toutes leurs parties essentielles. Sur le terrain, les boutures
issues du champ semencier sont désinfectées, incubées et repiquées dans un
substrat organique à base de matériaux carbonisés et de fiente de volaille,
stimulant les micro-organismes bénéfiques.
Selon le Dr Essis
Brice, cette méthode accélère le cycle de production de plus de deux mois,
permettant à une plantule de générer jusqu’à 50 nouvelles plantules par an,
contre 10 à 15 auparavant. Le CNRA peut aujourd’hui produire jusqu’à cinq
hectares de plantules par jour, en fonction du matériel végétal disponible. Il
est important de noter que ces plants ne sont pas des OGM, la législation
ivoirienne interdisant leur production : il s’agit d’un bouturage assisté en
laboratoire.
En collaboration avec des producteurs pilotes, ces innovations sont actuellement testées dans le cadre du PDC2V et du PNIA 2. Les premières observations montrent que certaines variétés, telles que le Bocou 5, atteignent leur maturité plus rapidement, en 10 à 11 mois contre 12 auparavant, et sans perte de rendement.
Cette modernisation ouvre des perspectives prometteuses pour la filière manioc en Côte d’Ivoire, renforçant la souveraineté alimentaire nationale tout en assurant une production plus efficace et saine.
Edagard ASSEMIEN