Dès l’ouverture,
la délégation américaine a contesté l’ordre du jour, exigeant le retrait de ces
questions et affirmant qu’aucun consensus n’était possible. Cette posture a
immédiatement alerté les ONG, les peuples autochtones, les communautés rurales,
les pasteurs, les petits producteurs, les femmes et les jeunes, qui craignent
d’être exclus des décisions sur la dégradation des terres et la sécheresse,
alors qu’ils en sont les premiers concernés.[
Le débat dépasse
la procédure : il s’agit de savoir qui aura voix au chapitre dans la
gouvernance mondiale des sols. Pour la société civile, une COP qui se veut «
opérationnelle » ne peut pas écarter ceux qui vivent la crise au quotidien.
L’urgence est
réelle. Les chiffres présentés à la COP17 sont alarmants : 40% des terres
mondiales sont déjà dégradées, mettant en péril les moyens d’existence de 3,2
milliards de personnes. Chaque année, la dégradation des sols et la sécheresse
coûtent près de 900 milliards de dollars à l’économie planétaire.
Un autre sujet de
tension est la volonté de renforcer les synergies entre les trois conventions
de Rio (désertification, climat, biodiversité). Pour de nombreux pays, dont la
France, cette approche intégrée est indispensable, car les crises du sol, de l’eau,
du climat et de la biodiversité sont liées. Paris a prévenu : si les
divergences avec Washington persistent, c’est tout le processus de négociation
qui risque d’être paralysé.
Pour les pays du
Sahel et d’Afrique, l’enjeu est vital. La dégradation des sols, la
désertification et les sécheresses répétées fragilisent l’agriculture et
l’élevage, aggravant pauvreté, migrations et insécurité alimentaire. Des
experts, comme Oumarou Malam Issa (IRD, Niger), soulignent que la terre n’est
pas qu’un facteur économique : c’est aussi un enjeu culturel et social, en
particulier pour les communautés pastorales peules, dont les modes de vie sont
directement menacés.
La COP16 de Riyad
avait annoncé environ 12 milliards de dollars de financements pour 74 pays
touchés par la sécheresse. La COP17 doit maintenant transformer ces promesses
en projets sur le terrain. Pour que le message « Restaurer les terres,
restaurer l’espoir » ne reste pas un slogan, les 197 Parties devront trouver un
compromis et éviter que les tensions entre grandes puissances ne détournent la
conférence de son but : apporter des solutions concrètes aux populations
confrontées à la désertification et à la sécheresse.
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