Dans un entretien accordé en avril à l’Agence ivoirienne de presse, le responsable décrit un paysage fragilisé où la disparition progressive du couvert végétal rend les sols vulnérables à l’érosion et accroît le risque d’inondations et d’éboulements. « Ces zones sont écologiquement sensibles, elles stabilisent les sols. Dès que la forêt est dégradée, les sols sont exposés à l’érosion », explique-t-il.
Selon le colonel Djan Yapo, la destruction du couvert végétal résulte de plusieurs facteurs : exploitation forestière illégale (sciage clandestin), extension agricole non régulée et constructions anarchiques. Il souligne aussi la rareté des terres qui pousse des familles à s’installer sur des pentes inappropriées. « Nous sensibilisons, mais il y a des zones inaccessibles où le phénomène continue », dit-il.
Ces pratiques, avertit l’officiel, favorisent le ruissellement des eaux et la pollution des cours d’eau par les produits phytosanitaires utilisés en agriculture, et peuvent déboucher sur des inondations en aval. Il rappelle qu’il y a eu récemment des éboulements et des dégâts matériels, sans bilan humain majeur, et décrit le mécanisme physique aggravé par le changement climatique: infiltration d’eau dans des fissures, dilatation thermique et chute de blocs rocheux.
Le directeur régional appelle à une action concertée avec les autorités locales pour identifier et faire respecter une ligne de démarcation entre zones habitables et zones protégées. Il évoque un projet de reboisement des flancs de montagnes, déjà expérimenté dans une phase pilote entre 2015 et 2020, et relancé en partenariat avec la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie. Le projet est aujourd’hui en phase de recherche de financements, indique-t-il.
Le cadre légal existe, souligne-t-il : le décret n°2021-583 du 6 octobre 2021 fixe les modalités de gestion et d’usage des zones écologiquement sensibles et interdit la construction sur les flancs de montagnes. L’article 99 du texte prévoit des peines d’un à cinq ans de prison et des amendes de cinq à cinquante millions de francs CFA pour qui déboise ces zones.
Mais l’application de la loi se heurte, selon lui, à la réalité sociale et politique. « Ce sont des familles; on ne peut pas déguerpir sans relogement », dit-il, en appelant à l’adhésion des élus locaux et des autorités traditionnelles. Les actions coercitives doivent être accompagnées de solutions de recasement, insiste-t-il.
Pour prévenir de nouveaux drames, le colonel Djan Yapo recommande la sensibilisation continue, le reboisement et la stabilisation des pentes. Il lance un appel aux habitants de Man : cesser les cultures et constructions sur les flancs des montagnes et adopter des comportements « écocitoyens » pour limiter les effets du changement climatique.
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