Dans plusieurs régions, le calendrier agricole traditionnel montre ses limites : les pluies arrivent parfois en décalage, les périodes sèches s’allongent, rendant les semis incertains et augmentant le risque de pertes. L’usage intensif d’engrais et de pesticides a, dans certains grands bassins de production, contribué à la dégradation et à la perte de fertilité des terres.
La situation est particulièrement critique dans l’Extrême-Nord, où la désertification progresse tout en laissant place à des épisodes d’inondations capables de détruire les cultures et fragiliser les conditions de vie rurales.
Pour y répondre, des producteurs expérimentent des pratiques résilientes. À Mintom, des planteurs de cacao introduisent des arbres forestiers au sein de leurs cacaoyères. L’ombrage ainsi créé contribue à rafraîchir l’environnement et à protéger les plants des fortes chaleurs. La technologie joue aussi un rôle : l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) diffuse des prévisions météorologiques et des calendriers agricoles afin d’aider les agriculteurs à mieux choisir leurs périodes de semis.
Parallèlement, des programmes encouragent l’usage de semences adaptées, plus tolérantes à la chaleur et aux conditions climatiques extrêmes, pour maintenir les rendements malgré les perturbations.
L’enjeu dépasse le seul domaine agricole : l’agriculture reste un pilier important du PIB camerounais et la principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Le développement de pratiques agroécologiques, en limitant notamment les brûlis, peut contribuer à la préservation des forêts et des ressources naturelles.
Rendre l’agriculture plus résiliente pourrait aussi réduire la dépendance aux importations alimentaires et créer de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes en milieu rural.
Face à l’urgence climatique, le Cameroun mise sur une transformation de ses pratiques agricoles : semences adaptées, informations météorologiques et approches agroécologiques deviennent des leviers essentiels pour « produire autrement » et garantir la sécurité alimentaire du pays.
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