Organisée pour marquer le premier anniversaire de l’OIA Café-Cacao CI, cette rencontre a mobilisé plus de 10 000 producteurs autour des perspectives de modernisation de la filière. Placée sous le haut patronage du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, parrainée par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, et présidée par le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Brahima Yves Koné, la cérémonie a mis l’accent sur la nécessité d’une chaîne de production plus lisible et conforme aux standards internationaux.
Moment fort de la journée, le lancement de l’opération de distribution de produits phytosanitaires illustre la volonté des autorités et des organisations de filière d’améliorer la productivité tout en renforçant la qualité du cacao. À travers cet appui, le Conseil du Café-Cacao entend soutenir 20 000 producteurs dans l’utilisation d’intrants destinés à protéger les cultures et à préserver les rendements.
Les responsables de l’OIA, notamment le président du conseil d’administration Siaka Diakité, le porte-parole Obed Blondé Doua et le directeur exécutif ont salué les acquis enregistrés sous la gouvernance de Brahima Yves Koné. Parmi ceux-ci figurent le recensement des producteurs, la délivrance de la carte professionnelle, l’obtention du différentiel de revenu (DRD), les avancées dans la transformation locale avec l’usine Transcao PK 24, ainsi que les investissements réalisés dans le cadre du Fonds d’Investissement pour la Modernisation et le Renforcement (FIMR).
Mais au-delà de ces réalisations, l’accent a surtout été mis sur la préparation du Système National de Traçabilité (SNT), dont l’entrée en vigueur impose une meilleure organisation de la chaîne de valeur. À partir du 1er septembre 2026, la carte du producteur deviendra obligatoire, une mesure présentée comme un outil de sécurisation des producteurs et de conformité aux exigences du marché international.
Le directeur général du Conseil du Café-Cacao a rappelé que ce dispositif vise à garantir l’origine du produit et à répondre aux attentes des pays consommateurs, notamment face aux règles européennes liées à la lutte contre la déforestation. Pour les acteurs de la filière, la traçabilité n’est plus seulement une exigence réglementaire : elle devient un levier de durabilité, de crédibilité et de valorisation du cacao ivoirien.
Dans cette dynamique, le ministre Bruno Nabagné Koné a exhorté les producteurs et leurs organisations à s’approprier pleinement la norme ARS 1000, présentée comme un socle pour un cacao durable. Selon lui, la réussite de cette transition dépendra de l’implication de tous les maillons de la filière, dans un esprit de responsabilité partagée.
La journée de l'OIA impose désormais comme une tribune de mobilisation autour d’un objectif commun : construire une filière café-cacao plus traçable, plus durable et mieux préparée aux exigences du marché mondial.
HANNIEL CHRISTIN , Envoyé spécial