- Publié le Dim 14 Juin 2026
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Les travaux du Projet d’Appui à la Sécurité de l'Eau et à l'Assainissement (PASEA) ont été officiellement lancés samedi 13 juin 2026 à Katiola, chef‑lieu de la région du Hambol. Financé par la Banque mondiale à hauteur de 250 millions de dollars , soit environ 152 milliards de francs CFA , le programme s’étend sur onze régions et couvre la période 2024‑2035.
Le PASEA vise trois objectifs majeurs : renforcer la gestion intégrée des ressources en eau, augmenter l’accès des populations à des services améliorés d’eau potable et d’assainissement, et améliorer la gouvernance ainsi que la viabilité financière du secteur de l’hydraulique urbaine. Selon les autorités, ce projet s’inscrit dans les priorités du gouvernement et figure parmi les « super accélérateurs » du Plan National de Développement (PND).
Malgré ces intentions, l’état des lieux reste préoccupant. Aujourd’hui, seulement 27% de la population bénéficie d’un assainissement géré en toute sécurité. En milieu rural, 30% des habitants pratiquent encore la défécation en plein air. La pollution des cours d’eau par des déversements de produits toxiques compromet, par ailleurs, la qualité des sources d’eau.
Pour répondre à ces défis, le PASEA prévoit, entre autres actions, la construction de 40 000 latrines familiales en zone rurale. La région du Hambol servira de phase pilote avec la réalisation de 5 000 latrines. « L’eau est une priorité nationale », a rappelé Hélène Bragori, directrice de l'assainissement en milieu rural, lors de la cérémonie.
Sur le plan institutionnel et opérationnel, le PASEA met l’accent sur le renforcement des capacités locales. L’Agence Nationale de la Formation Professionnelle (AGEFOP) a identifié et formé 171 artisans — maçons, menuisiers et plombiers — de la région du Hambol, afin d’assurer la qualité, l’entretien et la pérennité des infrastructures construites.
Les besoins sanitaires et scolaires sont flagrants. Une évaluation de la Direction de l’Hygiène publique et de la Santé, Environnement montre qu’à l’échelle nationale 6,7% des établissements de santé disposaient d’une source d’abreuvement ou de puits traditionnels ; seulement 20% avaient des points d’eau et des dispositifs de lavage des mains fonctionnels. Quant aux toilettes dans ces structures, 17% étaient non fonctionnelles et, lorsque l’entretien existait, il était jugé satisfaisant dans seulement 45% des cas. Dans les écoles, 55% des établissements nationaux ne possèdent pas de latrines fonctionnelles proportionnelles qui atteignent 59% en milieu rural contre 35% en milieu urbain.
Jean Ferdinand Krou, coordinateur national du PASEA, a souligné la nécessité d’un suivi rigoureux et d’une implication communautaire continue pour garantir l’impact des interventions. « La réussite dépendra de la coordination entre l’État, les bailleurs, les collectivités locales et les communautés », a‑t‑il déclaré.
Sur le terrain, les artisans formés se disent prêts. « Nous avons reçu des techniques adaptées et nous sommes engagés à construire selon les normes pour que les équipements durent », confie Leslie Camara un artisan présent lors de la cérémonie de lancement.
Le lancement a également réuni des représentants du ministère de l’Hydraulique, de l'Assainissement et de la Salubrité, et des partenaires techniques.
Reste à traduire ces engagements en résultats concrets sur le long terme. Avec un financement conséquent et une feuille de route étalée sur une décennie, le PASEA offre une opportunité pour réduire les inégalités d’accès à l’eau et à l’assainissement en Côte d’Ivoire. Sa réussite dépendra toutefois de la mobilisation et du suivi continus de tous les acteurs.
EDGARD ASSEMIEN