En visite au sein de la station de recherche du CNRA dédiée aux cultures vivrières, le ministre délégué chargé des Productions vivrières a insisté sur le rôle central de la recherche pour atteindre de hauts rendements et des volumes suffisants. « Cette visite s’inscrit dans une démarche de renforcement des performances en matière de matériel végétal, notamment pour le manioc, l’igname et la patate douce à chair orange », a-t-il situé.
Selon lui, l’augmentation de la demande en produits vivriers impose d’évaluer les capacités du CNRA à produire et diffuser du matériel végétal amélioré à grande échelle. Le ministre a salué de nouvelles approches et technologies permettant de multiplier les plants à un niveau quasi industriel et de les élever dans des infrastructures adaptées avant leur mise à disposition des producteurs.
Bernard Kini Comoé voit dans ces innovations de « très belles perspectives » pour l’ensemble de la chaîne de valeur du manioc. Il estime que le recours systématique au matériel végétal amélioré du CNRA contribuera à renforcer le professionnalisme des exploitants.
Le ministre a également insisté sur l’émergence de nouveaux métiers intermédiaires, notamment celui de pépiniériste, appelé à jouer un rôle d’interface entre la recherche et les producteurs.
Répondant aux inquiétudes des producteurs sur la disponibilité de semences de qualité, le ministre s’est voulu rassurant. Il affirme que le CNRA est désormais en mesure de fournir, à l’échelle de l’ensemble des bassins de production, des variétés de manioc spécifiquement sélectionnées pour les principaux débouchés : attiéké, placali, farine boulangère ou encore amidon destiné à l’industrie.
L’orientation des activités de recherche vers des variétés spécialisées devrait, selon lui, permettre à terme de structurer des segments de production dédiés à chaque type de dérivé. Cette spécialisation vise à mieux répondre aux exigences de qualité des transformateurs et à créer davantage de valeur ajoutée dans les territoires ruraux.
Le directeur général du CNRA, Abdourahamane Sangaré, rappelle que « l’ensemble des travaux de recherche de l’institution est aligné sur les grandes priorités du gouvernement, au premier rang desquelles figure la sécurité alimentaire. L’objectif est d’apporter des solutions concrètes aux problèmes rencontrés sur le terrain par les producteurs, par la création de variétés adaptées à leurs capacités, à leur environnement et aux facteurs de production disponibles ».
En toile de fond, la recherche travaille également sur des systèmes de culture capables de mitiger les effets du changement climatique, devenu le principal paramètre pris en compte dans les programmes sur l’ensemble des spéculations.
EDGARD ASSEMIEN, Envoyé spécial