- Publié le Mar 05 Mai 2026
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Initialement introduit en Côte d’Ivoire dans les années 1950 pour lutter contre la désertification, l’anacardier a connu une évolution remarquable au fil des décennies. Utilisé à l’origine dans des programmes de reboisement, cet arbre n’était pas destiné à jouer un rôle économique majeur dans le secteur agricole.
Originaire
d’Amérique du Sud, l’anacardium occidentale appartient à la famille des
anacardiacées, tout comme le manguier et le pistachier. Pendant plusieurs
années, sa culture est restée marginale, suscitant peu d’intérêt chez les
producteurs ivoiriens. Ce n’est qu’à partir des années 1990 et 2000 que la
filière a véritablement pris son essor, portée par l’arrivée d’acheteurs
asiatiques venus s’approvisionner dans le nord du pays.
Face à une
demande internationale en forte croissance, les plantations d’anacardiers se
sont multipliées à grande échelle. De nombreux agriculteurs ont alors réorienté
leurs activités vers cette spéculation, attirés par des prix plus attractifs et
plus stables que ceux d’autres cultures, notamment le coton.
Aujourd’hui,
l’anacarde s’impose comme une culture de rente incontournable en Côte d’Ivoire.
Le verger national couvre environ 1,4 million d’hectares et mobilise plus de
450 000 producteurs. Dans les zones de production, cette filière constitue
l’une des principales sources de revenus des populations.
Leader
mondial, la Côte d’Ivoire se positionne comme premier producteur et exportateur
de noix de cajou brutes, tout en occupant le troisième rang en matière de
transformation. La campagne 2025 a d’ailleurs enregistré une performance record
avec une production estimée à 1 549 221 tonnes.
Par
ailleurs, le développement de la transformation locale contribue à renforcer
l’impact économique et social de la filière. Près de 20 000 emplois directs ont
été créés, avec une forte représentation féminine, témoignant du rôle inclusif
de cette activité.
De sa
vocation écologique initiale à son statut actuel de pilier de l’économie
agricole, l’anacarde illustre parfaitement la capacité d’adaptation et de
valorisation des ressources agricoles en Côte d’Ivoire.
BINGO
WILLIAMS