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 CÔTE D’IVOIRE-FILIÈRE CAJOU : L’ANACARDE, D’ARBRE DE REBOISEMENT À MOTEUR ECONOMIQUE 

Initialement introduit en Côte d’Ivoire dans les années 1950 pour lutter contre la désertification, l’anacardier a connu une évolution remarquable au fil des décennies. Utilisé à l’origine dans des programmes de reboisement, cet arbre n’était pas destiné à jouer un rôle économique majeur dans le secteur agricole.

Originaire d’Amérique du Sud, l’anacardium occidentale appartient à la famille des anacardiacées, tout comme le manguier et le pistachier. Pendant plusieurs années, sa culture est restée marginale, suscitant peu d’intérêt chez les producteurs ivoiriens. Ce n’est qu’à partir des années 1990 et 2000 que la filière a véritablement pris son essor, portée par l’arrivée d’acheteurs asiatiques venus s’approvisionner dans le nord du pays.

Face à une demande internationale en forte croissance, les plantations d’anacardiers se sont multipliées à grande échelle. De nombreux agriculteurs ont alors réorienté leurs activités vers cette spéculation, attirés par des prix plus attractifs et plus stables que ceux d’autres cultures, notamment le coton.

Aujourd’hui, l’anacarde s’impose comme une culture de rente incontournable en Côte d’Ivoire. Le verger national couvre environ 1,4 million d’hectares et mobilise plus de 450 000 producteurs. Dans les zones de production, cette filière constitue l’une des principales sources de revenus des populations.

Leader mondial, la Côte d’Ivoire se positionne comme premier producteur et exportateur de noix de cajou brutes, tout en occupant le troisième rang en matière de transformation. La campagne 2025 a d’ailleurs enregistré une performance record avec une production estimée à 1 549 221 tonnes.

Par ailleurs, le développement de la transformation locale contribue à renforcer l’impact économique et social de la filière. Près de 20 000 emplois directs ont été créés, avec une forte représentation féminine, témoignant du rôle inclusif de cette activité.

De sa vocation écologique initiale à son statut actuel de pilier de l’économie agricole, l’anacarde illustre parfaitement la capacité d’adaptation et de valorisation des ressources agricoles en Côte d’Ivoire.

 

BINGO WILLIAMS 

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