- Publié le Mer 15 Avril 2026
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La transformation industrielle de la noix de cajou franchit un nouveau cap à Bouaké. La Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire à travers sa délégation régionale a effectué une visite des installations de la société SOBERY, engagée dans une phase de modernisation visant à accroître significativement ses capacités de production.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté nationale de renforcer la transformation locale des matières premières agricoles et de stimuler l’essor industriel. Au terme de la visite, le président régional de la Chambre de commerce et d’industrie, Paul Dakuyo, a salué les efforts consentis par l’entreprise. Selon lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui ambitionne d’accroître significativement le taux de transformation locale des matières premières agricoles. « Nous sommes ici pour encourager la société SOBERY qui est en train de faire peau neuve pour augmenter sa capacité de transformation », a-t-il indiqué, rappelant que la Côte d’Ivoire vise un taux d’environ 30 % contre près de 18 à 20 % actuellement.
Pour Paul Dakuyo, les investissements réalisés par SOBERY sont porteurs d’espoir pour Bouaké, autrefois pôle industriel majeur. « Ce que nous avons vu fait notre fierté. Ce sont des entrepreneurs engagés qui peuvent contribuer à révolutionner le secteur industriel de Bouaké. Nous allons inciter d’autres industriels à venir s’inspirer de ce modèle », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs souligné le rôle de la Chambre dans l’accompagnement des entreprises, notamment à travers le conseil, la mise en relation avec les institutions financières et l’appui institutionnel, tout en saluant le soutien de l’État dans la mise en œuvre de ces projets structurants.
Du côté de SOBERY, les responsables affichent leur ambition de monter en puissance. Présentant l’entreprise, l’ingénieur industriel Coulibaly Zié Inza a rappelé que l’unité, créée en 2013 et entrée en activité en 2015, a connu une évolution progressive avant de relancer pleinement ses activités en 2024. Aujourd’hui, grâce à de nouveaux équipements de technologie vietnamienne, l’entreprise franchit un cap important.
« Notre capacité nominale d’exploitation est désormais de 60 tonnes de cajou par jour », a-t-il précisé. Ces équipements, conçus sur mesure, s’accompagnent d’un appui technique sur une année, garantissant ainsi une meilleure performance industrielle. En termes d’emplois, SOBERY prévoit également une montée en charge significative. « À plein régime, nous envisageons entre 600 et 1000 emplois », a indiqué l’ingénieur, tout en précisant que l’entreprise évolue vers des emplois plus qualifiés grâce à la formation des travailleurs.
Orientée principalement vers l’exportation, SOBERY expédie ses produits vers des marchés internationaux tels que l’Italie, le Canada et la Turquie, avec une stratégie encore peu axée sur le marché local, en raison de l’ampleur des investissements engagés.
Présent à cette visite, le président de la Fédération des petites et moyennes entreprises de la Vallée du Bandama, Bruno Frédéric, a également salué cette initiative. Il a souligné l’importance d’une telle dynamique pour la création d’emplois et le développement économique régional. « Nous nous sommes joints à cette mission pour voir comment, au niveau local, les opérateurs économiques peuvent tirer profit de ces opportunités », a-t-il déclaré.
À travers cette visite, la Chambre de commerce et d’industrie réaffirme ainsi son engagement à soutenir les initiatives industrielles locales. L’exemple de SOBERY apparaît dès lors comme un modèle inspirant, capable de contribuer à la relance industrielle de Bouaké et à la valorisation durable de la filière cajou en Côte d’Ivoire.
BINGO WILLIAMS