- Publié le Ven 08 Mai 2026
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Le secteur avicole ivoirien confirme sa position stratégique dans l’économie nationale et la sécurité alimentaire. Selon l’Interprofession avicole de Côte d’Ivoire, la filière couvre aujourd’hui plus de 95 % des besoins du pays en viande de volaille, avec une production estimée à environ 114 000 tonnes en 2024, ainsi que 100 % des besoins en œufs. En pleine expansion, ce secteur génère plus de 450 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et constitue une importante source d’emplois pour des milliers de personnes à travers le pays.
Face aux mutations et aux défis liés à la modernisation des
exploitations, les acteurs de la filière sont de plus en plus appelés à
s’approprier de nouvelles techniques d’élevage afin de maintenir cette
dynamique de croissance.
C’est dans ce cadre qu’un atelier de formation réunissant
des acteurs et professionnels de la filière avicole s’est tenu à Bouaké, le
mercredi 6 mai 2026, à l’initiative de l’Union nationale des aviculteurs de
Côte d’Ivoire (UNACI).
Cette rencontre avait pour objectif de renforcer les
capacités des producteurs, notamment ceux de la région du Gbêkê, comme l’a
expliqué le président de l’UNACI, Palé Bindjeté.
« Cette formation, au fait, c’est de pouvoir essayer de
renforcer plus ou moins les capacités des producteurs de la région du Gbêkê.
L’appel que je veux lancer aux aviculteurs aujourd’hui, c’est de pouvoir
essayer de se mettre au travail. Déjà en Côte d’Ivoire, nous avons réussi à
couvrir à 100 % la consommation des œufs. Aujourd’hui, nous voulons aussi que
les aviculteurs s’adonnent davantage à la production des hybrides », a-t-il
indiqué.
Du côté des participants, la satisfaction est visible. Ils
estiment que ce type de cadre d’échanges est essentiel pour accompagner
l’évolution du secteur et améliorer les pratiques.
Pour Djenaba Konaté, productrice avicole, la formation
continue est une nécessité.
« Ce genre de formation est la bienvenue. On a toujours
besoin de se former, parce que maintenant l’aviculture a évolué. Il y a
beaucoup de choses à apprendre encore », a-t-elle déclaré.
Cependant, les éleveurs n’ont pas manqué de soulever
certaines difficultés, notamment la hausse du coût des intrants. Coulibaly
Marius a ainsi plaidé pour un soutien accru de l’État.
« Nous demandons à l’État de Côte d’Ivoire de revoir la
hausse des matières premières et aussi de subventionner les éleveurs, de se
pencher un peu sur leur cas », a-t-il souhaité.
Tout en saluant les efforts déjà consentis par les autorités
ivoiriennes en faveur du développement de la filière, les responsables de
l’interprofession ont, pour leur part, insisté sur la nécessité d’un
renforcement du professionnalisme et de l’application des bonnes pratiques
d’élevage.
Le vice-président de l’Interprofession avicole de Côte
d’Ivoire, Armand Kouadio, a rappelé la place de leader qu’occupe le pays dans
le secteur.
« La Côte d’Ivoire est un modèle. Depuis plusieurs années,
nous avons une avance sur de nombreux pays qui viennent ici pour comprendre
notre méthode de travail. Ce que je peux dire, c’est que l’élevage nourrit son
homme, à condition d’appliquer les bonnes méthodes d’élevage et d’utiliser de
bons aliments », a-t-il souligné.
À travers cette formation organisée à Bouaké, les acteurs de
la filière avicole réaffirment leur ambition de faire de l’aviculture
ivoirienne un secteur encore plus performant, capable de répondre durablement
aux besoins des populations et de contribuer davantage au développement
économique du pays.
BINGO WILLIAMS