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 CÔTE D’IVOIRE-SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : QUAND L’AQUACULTURE DEVIENT UN MOTEUR DE DÉVELOPPEMENT LOCAL 

Sur les eaux du lac de Kossou, une nouvelle dynamique économique est en train de prendre forme grâce à l’élevage de tilapia en cages flottantes. Soutenu par le Programme social du gouvernement (PSGouv) et financé par la Banque africaine de développement (BAD), ce projet innovant s’affirme comme un véritable levier de création d’emplois et de renforcement de la souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire.

Une mission conjointe, conduite par le coordonnateur général du PSGouv, Non Karna Coulibaly, et le chef de projet du PA-PSGouv, François Wongué, s’est rendue, le jeudi 23 avril 2026,  sur le site de Bocabo pour évaluer les avancées de cette initiative qui suscite de plus en plus d’intérêt.

Sur place, les responsables du projet ont mis en avant les performances déjà enregistrées. Le dispositif actuel repose sur quatre cages flottantes d’une capacité de 108 m³ chacune, permettant d’élever jusqu’à 20 000 poissons par cycle de production, estimé à six mois. Cette organisation permet aujourd’hui d’atteindre une production annuelle d’environ 10 tonnes de tilapia.

Pour les initiateurs, l’ambition est désormais de franchir un nouveau cap. « L’objectif est d’accroître significativement la production, notamment en doublant les volumes actuels, avec des poissons de plus grande taille », a expliqué Michel Ange Yotio, coordonnateur de l’Unité sectorielle d’exécution du projet au ministère des Ressources animales et halieutiques.

Au-delà des chiffres, c’est surtout l’impact social qui retient l’attention. Autrefois confrontés à l’incertitude des captures traditionnelles, les pêcheurs de la zone bénéficient désormais d’une activité plus stable et rentable. À l’image de Mathurin Koffi Kouamé, président de la coopérative Paradis, qui témoigne d’un véritable changement de paradigme.

« Avant, la pêche dépendait du hasard et les revenus étaient incertains. Aujourd’hui, grâce aux équipements et à l’encadrement reçus, nous produisons de manière organisée et nos poissons trouvent facilement preneurs sur le marché », a-t-il confié.

La coopérative, forte de 20 membres dont cinq femmes, tire pleinement profit des appuis reçus, notamment en matériel, en alevins et en formation. Avec un prix de vente fixé à 2 500 FCFA le kilogramme, l’activité permet non seulement d’assurer des revenus réguliers, mais aussi d’améliorer les conditions de vie des bénéficiaires.

Conscients du potentiel de cette initiative, les partenaires du projet entendent renforcer son efficacité. À cet effet, plusieurs axes d’amélioration ont été identifiés, notamment la formation continue des acteurs, l’optimisation de l’alimentation des poissons, le suivi sanitaire, la sécurisation des installations et le renforcement des équipements.

À terme, l’élevage de tilapia en cages flottantes à Kossou pourrait devenir un modèle de développement aquacole en Côte d’Ivoire, conciliant performance économique, inclusion sociale et sécurité alimentaire durable.

 

BINGO WILLIAMS

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