L'orpaillage, activité ancienne dans certaines régions (Gontoungo, la Marahoué le Moronou est aujourd'hui encadré par le Code minier qui reconnaît trois formes d'exploitation : artisanale, semi-industrielle et industrielle. Les autorisations sont délivrées par le ministère des Mines, après avis du ministère de l'Environnement (pour l'étude d'impact environnemental et social), du ministère des Eaux et Forêts (pour vérifier l'absence de protection du périmètre) et du ministère de l'Intérieur (pour des vérifications de sécurité). Les exploitations artisanales sont limitées à 25 hectares et les semi-industrielles à 100 hectares. Le Code minier proscrit l'usage de produits chimiques (mercure, cyanure), d'explosifs et l'orpaillage sur les cours d'eau, dans les parcs et réserves.
En face, l'orpaillage illégal se pratique sans autorisation ministérielle, souvent à grande échelle, y compris dans les zones hydriques, avec recours au mercure, au cyanure et aux explosifs, entraînant des conséquences sanitaires, environnementales et sociales sévères. Selon le directeur général, l'ensemble du territoire national est désormais affecté, certaines zones restant toutefois plus touchées que d'autres.
L'État n'est pas resté inactif, a-t-il souligné. Depuis 2014, plusieurs initiatives ont été lancées : le programme national de réhabilitation et de formalisation de l'orpaillage (associant santé, environnement, mines, éducation et intérieur) a permis d'identifier et de cartographier les sites. Les zones incompatibles ont été déguerpies, tandis que les sites autorisés ont été formalisés et leurs acteurs sensibilisés. En 2018, une brigade de répression des infractions au Code minier a été accréditée ; en 2019, des chantiers-écoles ont été ouverts ; en 2021, une nouvelle loi a été promulguée pour mieux encadrer la filière.
Malgré ces mesures, l'orpaillage illégal persiste, a admis l'intervenant, pour des raisons multiples. D'abord, la géologie favorable : la Côte d'Ivoire possède une part importante de la formation pyrémienne d' environ 35% dans la sous-région alors que le Ghana en détient 19%, le Burkina Faso 22% et le Mali 10%. Concrètement, si 100 tonnes d'or se trouvent dans l'Ouest de la sous-région, la Côte d'Ivoire en détiendrait près de 35 tonnes. Ensuite, le gain rapide attire des populations qui abandonnent études et cultures pour se lancer dans l'orpaillage. Enfin, une perception erronée de la propriété du sous-sol perdure : l'article 3 du Code minier rappelle que le sous-sol et ses ressources appartiennent à l'État, et non aux propriétaires fonciers.
Le facteur prix joue aussi un rôle majeur. Alors qu'au début des années 2000 le gramme d'or valait environ 5 000 francs CFA, il a connu des pics successifs pour atteindre, selon l'intervenant, entre 80 000 et 100 000 francs CFA le gramme aujourd'hui, renforçant l'attrait pour l'activité.
Pour toutes ces raisons économiques, sociales, sanitaires, environnementales et sécuritaires , l'orpaillage illégal constitue un défi majeur pour la Côte d'Ivoire. Seydou Coulibaly a rappelé que la question est désormais une priorité nationale, suivie au plus haut niveau par le Conseil National de Sécurité et son secrétariat exécutif, et qu'elle mobilise des moyens répressifs ainsi que des actions de formalisation et de prévention.
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