En 2024, la maladie a conduit aux abattages massifs dans plusieurs zones de production, touchant près de 107 000 têtes. Parmi les victimes, Bomiso Tiémoko, retraité, raconte l’effondrement de son projet : « J’avais monté cette ferme pour assurer ma retraite. Les porcs ont été tués avant que je puisse en tirer des revenus. » Il affirme que sans compensation, il ne pourra pas relancer son activité.
Rachel Divi, qui avait investi pendant des années pour remettre à niveau une ferme acquise en 2020, explique qu’elle n’a pas eu le temps d’amortir ses investissements. « J’avais environ 300 porcs. Aujourd’hui, je paie toujours les impôts sur mon entreprise, mais je n’ai plus de revenus », déplore-t-elle. Après l’abattage survenu en août 2024, la cheffe d’exploitation n’a pu remplacer ses bêtes; seules quelques volailles subsistent.
D’autres éleveurs décrivent les conséquences économiques et sociales : Herman, ancien chef d’entreprise qui détenait entre 400 et 500 porcs et employait une dizaine de personnes, affirme avoir perdu l’essentiel de ses revenus estimés à 40–50 millions par an et s’être retrouvé contraint d’exercer un travail de livraison moins rémunérateur. « Je suis endetté. Nos enfants vont bientôt reprendre l’école et je ne sais pas comment faire », confie-t-il, décrivant aussi une détérioration de sa santé morale et physique.
Les victimes dénoncent des lenteurs administratives et un manque de clarté quant aux procédures d’indemnisation. « Nous avons eu plusieurs réunions avec les services vétérinaires et les directions régionales de production animale. Nous avons écrit aux autorités, mais aujourd’hui on ne sait plus vers qui se tourner », rapportent-ils. Selon eux, les responsables affirment avoir transmis les dossiers au ministère des Finances et attendent l’inscription des crédits au budget.
Le président des producteurs de porcs , Germain Nawoya rappelle l’existence d’un arrêté précisant que l’indemnisation doit intervenir huit mois après l’abattage. « Nous ne demandons pas autre chose que d’être payés pour pouvoir reprendre nos activités », disent-ils, s’inquiétant de l’approche de la rentrée scolaire et de leur incapacité à réunir les moyens pour scolariser leurs enfants.
En l’absence de calendrier précis, les éleveurs multiplient appels et démarches, inquiets pour l’avenir de leurs exploitations et la survie économique de leurs familles.
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