Bruxelles explique avoir été amenée à prendre cette mesure faute de garanties suffisantes fournies par le Brésil sur la conformité de ses produits aux exigences sanitaires européennes. En cause : le respect des règles encadrant l’usage des antibiotiques en élevage, que l’UE dit ne pas suffisamment vérifié à ce stade.
Une porte-parole de l’exécutif européen a précisé à l’AFP que la Commission travaille avec les autorités brésiliennes « de manière constructive » afin d’assurer leur conformité. « Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre », a-t-elle ajouté, sans toutefois communiquer de calendrier pour une éventuelle reprise.
La suspension concerne aussi le secteur des œufs et du miel. Pour ces filières, Bruxelles ne donne pas non plus de date de rétablissement des flux, tandis qu’un audit est en cours pour la volaille et doit s’achever vendredi. S’il se révèle concluant, et si les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne pourraient être réautorisées dans les semaines à venir.
Concernant le bœuf, la reprise pourrait intervenir plus tard. La Commission indique que les délais varient selon la durée des cycles de production des différentes espèces concernées.
Cette décision intervient dans un contexte de tension autour de l’accord de libre-échange conclu entre l’UE et le Mercosur, signé en janvier 2026. Les autorités européennes entendent démontrer leur « vigilance », après des critiques émanant du secteur agricole européen et de la France.
Le Brésil avait été retiré en mai d’une liste de pays considérés comme conformes aux règles de l’UE visant à limiter l’usage intensif d’antibiotiques en élevage. En 2025, il figurait parmi les principaux fournisseurs de viande bovine vers l’Union, avec plus de 92 000 tonnes exportées, représentant plus de 713 millions d’euros.
Selon les règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens à des fins de croissance ou d’augmentation des rendements est interdite. Les animaux ne peuvent pas non plus être traités avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines. Ces exigences s’inscrivent dans une politique de lutte contre la résistance des microbes aux médicaments, que l’UE considère comme un enjeu majeur de santé publique, notamment face à la progression des infections résistantes.
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