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 CÔTE D'IVOIRE-TABASKI 2026 : LE GOUVERNEMENT RASSURE, DE LA DISPONIBILITE DES MOUTONS SUR LE MARCHE IVOIRIEN 

À quelques jours de la célébration de l’Aïd el-Kébir ou encore la Tabaski, les autorités ivoiriennes rassurent au sujet des rumeurs de pénurie et de flambée des prix des moutons. En visite ce mercredi 20 mai 2026 au parc à bétail d’Anyama, au nord d’Abidjan, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, s’est voulu rassurant : l’approvisionnement est jugé satisfaisant et les prix restent accessibles pour toutes les catégories de ménages.

Cette sortie ministérielle intervient dans un contexte marqué par la diffusion, sur les réseaux sociaux, de plusieurs vidéos alarmistes annonçant une rareté des moutons et une hausse excessive des tarifs à l’approche de la fête musulmane. Face à ces inquiétudes, le ministre a préféré se rendre lui-même sur le terrain afin de constater l’état réel du marché.

Accueilli par les autorités administratives et locales d’Anyama ainsi que par les responsables du parc à bétail, Kalil Konaté a affirmé que les informations relayées en ligne ne reflètent pas la réalité. « Nous avons vu que le parc est alimenté », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de rassurer les populations.

Selon les chiffres communiqués par le ministre, près de 165 000 têtes de moutons sont déjà disponibles sur le marché ivoirien, alors que les besoins nationaux pour la Tabaski sont estimés à environ 350 000 bêtes. D’autres convois sont attendus dans les prochains jours afin de compléter l’approvisionnement.

Sur la question sensible des prix, le gouvernement assure que l’offre actuelle permet de répondre à toutes les capacités financières. Les moutons sont proposés entre 75 000 et plus de 250 000 francs CFA, tandis que les plus gros spécimens peuvent atteindre 375 000 à 425 000 francs CFA. Le ministre a même indiqué avoir personnellement acheté des moutons entre 90 000 et 100 000 francs CFA.

Les acteurs de la filière bétail-viande confirment cette tendance. Issiaka Sawadogo a évoqué un « marché saturé » au parc d’Anyama, avec des arrivages continus en provenance des corridors de Noé, Ouangolo, Pogo, Doropo et Tengréla. Selon lui, les prix exagérés évoqués sur les réseaux sociaux sont loin de la réalité observée sur le terrain.

Le responsable du parc à bétail d’Anyama, Goran Modeste, a pour sa part détaillé le dispositif logistique mis en place par le District autonome d’Abidjan. Entre 30 et 90 camions transportant chacun jusqu’à 354 moutons sont réceptionnés chaque jour. Les convois circulent principalement de nuit afin de limiter les embouteillages dans la capitale économique.

Au-delà de la gestion immédiate de la Tabaski, Kalil Konaté a également mis en lumière les défis structurels de la filière bétail-viande en Côte d’Ivoire. La production nationale ne couvre actuellement que 44 à 45 % des besoins du pays, le reste étant assuré par les importations provenant des pays voisins de la sous-région.

Le ministre a ainsi lancé un appel à la jeunesse ivoirienne et aux investisseurs afin de renforcer la production locale. « Nous avons 56 % de marché à combler », a-t-il soutenu, estimant que ce secteur constitue une véritable opportunité économique pour les jeunes entrepreneurs ivoiriens.

Avec des arrivages réguliers et une offre jugée abondante, les autorités se montrent confiantes quant au bon déroulement de la Tabaski 2026. Reste désormais à transformer cette mobilisation conjoncturelle en véritable stratégie de développement durable pour la filière bétail-viande en Côte d’Ivoire.

 

BINGO WILLIAMS

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