- Publié le Ven 08 Mai 2026
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Le département de philosophie de Université Alassane Ouattara, à travers le Groupe d’Études Marx (GEMARX), en collaboration avec le Centre africain de management et de perfectionnement des cadres, a procédé, mercredi 6 mai 2026, à l’ouverture des Journées scientifiques Marx à l’amphithéâtre C du campus 2 de l’université.
Placées sous le thème : « Économie solidaire, préservation
de l’environnement et des eaux et forêts : quelles alternatives locales pour la
croissance économique et le développement durable en Afrique ? », ces assises
réunissent universitaires, chercheurs, étudiants et acteurs institutionnels
autour des enjeux environnementaux et économiques du continent africain.
L’objectif de ces journées scientifiques est d’analyser les
alternatives locales fondées sur l’économie solidaire afin de concilier
croissance économique, justice sociale et préservation de l’environnement,
notamment des eaux et forêts en Afrique, avec un accent particulier sur la Côte
d’Ivoire.
Selon le coordonnateur des Journées scientifiques Marx, le
professeur Nogbou Hyacinthe, cette initiative intervient dans un contexte
marqué par une dégradation progressive de l’environnement et une pression
croissante sur les ressources naturelles.
« Nous vivons aujourd’hui dans un environnement devenu
difficile. À la lumière de la pensée de Marx, qui a montré que le capitalisme
épuise les ressources naturelles, il était important de confronter cette
analyse à la réalité actuelle de l’exploitation de nos ressources », a-t-il
expliqué.
Représentant le ministre des Eaux et Forêts, le directeur
général des Forêts et de la Faune (DGFF), le conservateur général Lucien
Kouassi, a animé la conférence inaugurale. Dans son intervention, il a dressé
un tableau préoccupant de la situation environnementale actuelle.
Il a notamment évoqué la déforestation, l’urbanisation
incontrôlée, l’exploitation illégale des ressources forestières, le braconnage,
la pollution des eaux ainsi que les effets du changement climatique, qui
exercent une forte pression sur les écosystèmes.
« Nous devons tous nous sentir interpellés, à quelque niveau
que nous soyons. C’est un vaste chantier qui requiert l’engagement de tous :
institutions publiques, secteur privé, communautés locales, chercheurs et
partenaires internationaux. La recherche scientifique, en particulier, a un
rôle déterminant à jouer dans la production de connaissances, l’innovation et
l’élaboration de solutions adaptées à nos réalités », a-t-il indiqué.
Pour le DGFF, l’économie sociale et solidaire apparaît
aujourd’hui comme une réponse crédible aux défis environnementaux et sociaux
auxquels les pays africains sont confrontés.
« Elle place l’humain, la solidarité et la durabilité au
cœur de l’activité économique. Contrairement au modèle traditionnel centré sur
la maximisation du profit, elle privilégie la gouvernance participative,
l’ancrage territorial, la redistribution équitable des richesses et la prise en
compte des impératifs environnementaux », a-t-il soutenu.
Selon lui, cette approche appliquée aux secteurs forestier,
faunique et hydrique ouvre d’importantes perspectives de développement durable.
Elle favorise des modes d’exploitation responsables des ressources naturelles,
valorise les savoirs locaux et encourage la création d’emplois inclusifs,
particulièrement en milieu rural.
Le conservateur général Lucien Kouassi a également souligné
que l’économie solidaire contribue à promouvoir des pratiques durables telles
que l’agroforesterie, l’écotourisme communautaire, la pêche responsable ou
encore la gestion concertée des bassins versants.
Prévues pour s’achever ce jeudi 7 mai 2026, les Journées
scientifiques Marx devraient déboucher sur des recommandations stratégiques
fondées sur des analyses scientifiques et des expériences de terrain. Ces
propositions visent à orienter les politiques publiques ainsi que les actions
de développement vers des modèles plus durables, inclusifs et résilients en
Afrique.
BINGO WILLIAMS